Le burn-out, enfin reconnu comme maladie par l’OMS

Pour beaucoup, le « burn-out » se résume à une forme de déprime au travail. En dehors des personnes concernées, bien souvent démunies lorsqu’il s’agit d’expliquer ce qu’elles traversent, rares sont ceux qui savent ce que le syndrome d’épuisement professionnel (autre nom du burn-out) signifie et ce qu’il engendre.

Qu’est-ce que le burn-out ?

Au départ, le burn-out était considéré comme un coup de fatigue passagère. Avec le temps, des études, notamment celles faites par la psychologue Cristina Maslach, ont démontré la complexité du mal. Bien au-delà d’un coup de fatigue, il s’insinue et se manifeste à différents niveaux. Notamment des émotions au physique, en passant par les facultés cognitives ou encore le comportement. Le travailleur ressent un état d’épuisement physique, émotionnel et mental. Tout cela résulte d’une exposition à des situations de travail émotionnellement exigeantes.

De nos jours l’organisation du travail doit être rentable et le travailleur est soumis aux exigences de compétitivité dans son organisation.  Ainsi les salariés qui ont des tendances au perfectionnisme, à l’hyper-implication, à la nécessité de tout contrôler. Ceux qui ne savent pas déléguer sont particulièrement à risquede burn-out.

Se croyant indispensables, ils s’usent à la tâche en travaillant de jour comme de nuit, jours ouvrables et week-ends compris. Le salarié se donne entièrement à sa vie professionnelle. Il se met constamment la pression pour faire plus et mieux, il ne fixe aucune limite…. Si son supérieur hiérarchique ne fixe pas clairement cette limite,  la chute et la dépression sont à l’horizon.

Comment détecter le burn-out ?

Le syndrome d’épuisement professionnel  se présente sous plusieurs formes.  Cependant, l’on peut lui reconnaître quatre caractéristiques  principales :

  • L’épuisement chronique,
  • La tendance au cynisme (c’est-à-dire une attitude négative) ;
  • Le stress (oui le stress en est un symptôme) ;
  • Le désengagement (la démotivation) par rapport au travail.

Or, pour que ces manifestations s’installent et co-existent, il faut du temps. Un temps au cours duquel les signaux s’accumulent lentement, progressivement. Pris séparément, l’anxiété, le manque de sommeil, la perte d’attention, comme l’incapacité à déconnecter ; Ou la perte de confiance et les tensions musculaires par exemple peuvent sembler insignifiantes.

Mais c’est leur apparition et leur persistance simultanées qui doivent mettre la puce à l’oreille du travailleur, de son supérieur hiérarchique, du gestionnaire des ressources humaines ou du membre de l’encadrement médical de l’entreprise.

Le burn-out touche de plus en plus de monde

Paradoxalement, alors qu’on est dans un monde du travail de plus en plus protégé et encadré juridiquement les conditions de travail se dégradent de plus en plus. Et les maux subis par les travailleurs sont de plus en plus sournois et pernicieux. En France, l’Institut National de Veille Sanitaire reconnaissait 30 000 cas de burn-out entre 2007 et 2012. En 2014, le bureau Technologia soulignait que 3 millions de personnes pourraient être concernées. Enfin, 36 % des personnes interrogées dans le cadre de la grande enquête sur le monde du travail menée par la CFDT début 2017 déclarent avoir fait un burn-out au cours de leur carrière.

En regardant les chiffres sur le sujet en France, on a l’impression que seuls les occidentaux sont concernés par ce mal. Et pourtant, de plus en plus des salariés en Afrique, souffrent de ce mal dans l’indifférence la plus totale.

Notre législation du Travail n’étant pas encore adaptée à ce phénomène, il urge que les Inspecteurs du Travail et des lois sociales, les managers, dirigeants d’entreprises. Ainsi que le personnel médical des entreprises et les représentants du personnel anticipent pour faire face à ce mal.

Le burn out doit être désormais  pris en compte dans l’analyse des situations de travail. Il ne faudra pas attendre d’avoir une vague de suicides comme ce fut le cas à France Telecom de 2007 à 2010  pour réagir. Dans un monde du travail uniformisé, si un mal sévit officiellement en Occident, c’est qu’il est déjà présent sous nos tropiques.

Dans notre prochain article, nous vous proposerons des mesures idoines pour prévenir et guérir le burn-out.

Ulrich DJE

Administrateur Principal du Travail et des Lois Sociales

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